Tronçon 1 : Labrador city à Mont-Wright

Distance : 15 km
Surface : Asphalté, bonne condition
Durée : 20 min
Vitesse : 90 km/h




La première section de la route est un peu banale. C’est une route comme toutes les autres, avec des montagnes de résidus stériles à l’horizon. À ce point du périple, je n’étais pas certain que j’allais faire la route jusqu’à Sept-Îles. On m’a tellement averti de la mauvaise qualité de la route, que j’hésitais à m’aventurer passé le mont Wright. Mais la musique était bonne, et plus le temps passait, et plus j’avais envie de conduire… tout simplement.

Je sais que pour certains la conduite peut sembler pénible et être une activité désagréable. Je trouve personnellement que la conduite a quelque chose de Zen; on est isolé dans notre cocon, l’atmosphère est contrôlé et la musique relaxante.

J’adore.

Tronçon 2 : Mont-Wright à Fire Lake

Distance : 67 km
Surface : En construction, étroit et sinueux
Durée : 1 h
Vitesse : 70 km/h max
Aucun service

C’est au Mont-Wright que l’aspect Zen de la conduite s’arrête. A tout le moins, pour ceux qui connaissent le principe, disons que cette partie est pas mal plus Yang que Yin.



Les courbes viennent vite, les pneus larges glissent sur la roche, et que la petite lumière [!] nous sauve la vie quelque fois. Ça ressemble davantage à du rally qu’à une balade de santé.
 


La route est vraiment mauvaise. La meilleure description, c’est « 67km de ballast sur fond de planche à laver ». Cette section aura au moins eu l’avantage de me relaxer par rapport à l’auto, et à accepter l’inévitable… les trous, les petits cailloux… et autres aléas de la vie.

Le yin intérieur doit travailler fort pour compenser le yang de la route. Excellent exercice.

Tronçon 3 : Fire Lake à Gagnon

Distance : 89 km
Surface : Asphalté, pas de policier
Durée : Environ 30 min.
Vitesse : plein de km/h



Très étrange. Après 67 km de route désastreuse, on se retrouve sur une route asphaltée, très large, et en très bon état. On est au bout du monde, avec de la taïga des deux cotés. Ça permet de se détendre et d’essayer l’auto un peu.

Autrefois, cette section servait pour l’accès au site minier de Gagnon. Je comprends mal toutefois pourquoi la route est en si bon état aujourd’hui, et pourquoi la section asphaltée est si longue. M’enfin, je n’irai pas m’en plaindre!

Rassurez-vous, je suis très prudent. Et c’est le genre de chose que je ne ferais jamais avec des passagers.

Tronçon 4 : Gagnon à Relais-Gabriel

Distance : 75 km
Surface : Gravier, bonne condition, droit
Durée : 1 h
Vitesse : 70 km/h à l’aller, beaucoup plus au retour.
Aucun service



Je me suis arrêté durant quelques minutes sur le tronçon de Gagnon. (Pour arroser les petites épinettes.) Je vous garantis que ce n’est pas l’endroit pour une crevaison… la quantité de mouches noires est phénoménale. Je dois avouer que c’était à la tombée du jour, mais quand même! C’était impressionnant.



C’est le long de se segment que se trouvent les monts Groulx. Ça semble être un endroit génial pour la randonnée pédestre, et en plus, aucun danger de mourir de faim si on se perd en forêt. On n’a qu’à ouvrir la bouche, courir 100 mètres et on est rassasié.



Cette route ressemble beaucoup à celle dans la publicité de la C230 4matic. La seule exception, c'est qu'on y croise pas mal mois de monde...


video

Tronçon 5 : Relais-Gabriel à Manic-5

Distance : 100 km
Surface : Gravier, bonne condition, droit
Durée : 1 h 30
Vitesse : 70 km/h à l’aller, beaucoup plus au retour
Station-service et motel au Relais-Gabriel



J’arrivai au relais Gabriel juste avant que le soleil ne tombe. On m’avait bien averti de faire le plein à chaque occasion. Avant de faire le plein d’essence, je décidai de faire le plein de patates frites, alors je me stationnai entre deux grosses camionnettes et me ruai vers le casse-croute, mais je me heurtai à une porte verrouillée.



Je voyais toujours la cuisinière par la fenêtre, alors je frappai à la porte pour lui demander la distance restante jusqu’à Manic 5. (Je n’avais alors aucune idée des distances à parcourir.) La dame m’apprit que sa cuisine était fermée, mais m’offrit de me faire un sandwich et de me dépanner avec l’essence. Je refusai, car il me restait encore assez d’essence pour 352 km et des calories pour 500.



J’étais un peu déçu d’arriver à Manic 5 de nuit, mais je fut surpris de constater que le spectacle de nuit est aussi très intéressant. Je suis très déçu de la photo par contre. En fait, je n’avais pas prévu faire un diaporama avec les photos.

-- Update on 2009-01-18: Photo changée pour une meilleure! :)

Tronçon 6 : Manic-5 à Baie-Comeau

Distance : 215 km
Surface : Asphalté, étroit et sinueux
Durée : 3 h
Vitesse : 100 km/h

Rendu ici, on a l’agréable sentiment de se rapprocher de la civilisation. Premièrement, la route est pavée (ce qui est déjà une bonne amélioration), et deuxièmement, on croise de véhicules! Pas beaucoup, mais quand même!

La route est en passablement bon état, et le tracé plutôt divertissant. La route est taillée dans le roc à plusieurs endroit, ce qui rappelle un peu trop certains jeux vidéos. Le panorama est aussi très intéressant; des lacs majestueux et des vallées somptueuses.

Le fait de revenir sur le pavé est aussi très rassurant, et la douceur de roulement est soudainement de retour, au point où c’en est surprenant.

Tronçon 7 : Baie-Comeau à Sept-Îles

Distance : 230 km
Surface : Asphalté, droit
Durée : 2 h 30
Vitesse : 100 km/h

Rendu à Baie-Comeau, c’est le temps de faire le plein, de se dégourdir les jambes, et de repartir vers Sept-Îles.

Les longues distances en auto, surtout de nuit, ont toujours des effets étranges. On pense à toutes sortes de choses, on prend le temps de réfléchir et de s’expliquer les mystères de la vie.

On pense aux filles ou aux amis, on comprend enfin les paroles de chansons qu’on avait jamais remarquées, on apprend à aimer des gens qu’on avait jusque là ignorés.

Conduire, c’est la manière moderne d’écouter le bruit des rochers qui poussent, et d’apprécier le temps qui s’écoule. Ça nous permet de méditer aux occasions ratées, et à celles à venir.

This is your life. It wont get any better than this, and it’s ending one minute at a time.